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Halte aux tentatives de médicalisation de notre alimentation !

Dans le débat actuel sur l’étiquetage nutritionnel, l’ANIA tient à réaffirmer son attachement au respect des notions de base à prendre nécessairement en compte pour donner une information juste et pertinente aux consommateurs dans le cadre d’une alimentation diversifiée et équilibrée. L’ANIA maintient son opposition à tout dispositif d’étiquetage nutritionnel simpliste reposant sur un code de couleurs et qui sous-tend une approche médicalisée de notre alimentation.

Au moment d’aborder un débat sur l’information du consommateur et sur son alimentation, il demeure essentiel de rappeler l’importance du modèle alimentaire français et de ses forces. Notre culture de l’alimentation met en valeur le plaisir, la diversité et la qualité des produits, les traditions culinaires et le repas structuré.

« Notre alimentation est issue d’une filière d’excellence où la qualité est présente à toutes les étapes, de la production à la transformation, des produits artisanaux aux produits industriels. C’est notre force, en France, reconnue à l’étranger, et nous devons tous ensemble promouvoir et défendre ce modèle. » précise Jean-Philippe GIRARD, Président de l’ANIA

Concernant l’étiquetage nutritionnel, il n’est pas inutile de rappeler que la nouvelle législation européenne applicable depuis décembre 2014 contribue à rendre les étiquettes plus lisibles et plus complètes. La nouvelle déclaration nutritionnelle apporte aux consommateurs une information nutritionnelle identique, simplifiée et harmonisée sur tous les produits et dans toute l’Europe.

L’ANIA, pour sa part, reste favorable à l’idée de poursuivre le travail d’amélioration de l’information dans le cadre de la réglementation européenne et considère que les dispositifs reposant sur un code couleurs ne constituent pas un bon outil pour améliorer l’équilibre alimentaire des français. Ces systèmes de notation nutritionnelle ignorent les déterminants fondamentaux d’une alimentation équilibrée que sont la prise en compte de la taille de la portion consommée, le moment de consommation, la fréquence et surtout les associations d’aliments au cours d’un repas. De même l’équilibre alimentaire d’un individu ne peut se réduire à une pastille de couleur sur un produit.

Par ailleurs, une mesure d’étiquetage simpliste n’est pas neutre et les effets positifs escomptés sont très incertains et n’ont fait l’objet d’aucune étude d’impact approfondie à ce jour. En revanche, de nombreux spécialistes et notamment sociologues et acteurs de terrain, mettent en garde contre les effets contre-productifs que les prescriptions peuvent avoir directement ou indirectement sur les personnes de catégories sociales moins favorisées.

Ainsi, pour faire changer durablement les comportements, la réponse la plus pertinente et la plus pragmatique, reste et restera toujours, l’éducation. Elle repose sur la connaissance et la valorisation des aliments, leur diversité, la composition des menus et, bien sûr, le rôle central du repas structuré à table. Et pour s’adresser à des populations plus exposées aux risques de surpoids et d’obésité, notamment les populations les plus défavorisées, la nécessité réside dans un renforcement des programmes de proximité.

« La relation avec nos consommateurs est au cœur de notre modèle économique. Une information nutritionnelle utile et juste doit prendre en compte les questions qu’ils pourraient se poser au moment de s’alimenter. En aucun cas, ils ne demandent à ce qu’on leur impose ce qu’ils doivent manger ou non. Nous devons rester humbles vis-à-vis des consommateurs et prendre en compte leur réalité de consommation. » déclare Jean-Philippe GIRARD.