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Loi de santé publique : l'ANIA dénonce le simulacre de dialogue de la Ministre de la santé

Suite à la réunion qui s’est tenue dans la précipitation ce jour au ministère de la santé, l’ANIA dénonce l’absence d’un vrai dialogue avec Marisol TOURAINE, ministre de la Santé, et son passage en force pour imposer un étiquetage simpliste et stigmatisant. La réunion dite de « concertation » improvisée à la dernière minute marque une nouvelle fois un manque de considération total vis-à-vis du premier secteur industriel de France.

L’ANIA, ses 20 fédérations adhérentes et ses 23 associations régionales, dénoncent collectivement la posture dogmatique de la ministre de la santé. A l’absence de dialogue et de considération, s’ajoute aujourd’hui la provocation. La diffusion du communiqué de presse du ministère de la santé avant même la fin de la réunion illustre bien l’état d’esprit de la ministre. Alors qu’il soutient l’objectif d’une meilleure information du consommateur et la proposition du Gouvernement d’un système complémentaire volontaire, le premier secteur industriel français n’est ni écouté, ni entendu par le ministère de la Santé mais au contraire stigmatisé. Cette attitude n’est pas à la hauteur de l’importance de l’enjeu.

« Le défi de la lutte contre l’obésité et les problèmes de nutrition en France nécessite de la concertation et l’engagement de toutes les parties-prenantes. Il ne nous semble pas approprié d’enfermer un débat sur l’alimentation dans une polémique nutritionnelle. Notre modèle alimentaire mérite plus de considération ! » déclare Jean-Philippe GIRARD, Président de l’ANIA

L’ANIA s’étonne d’avoir été convoquée à une réunion improvisée par la ministre de la santé qui a décidément beaucoup de difficulté à organiser la concertation et le dialogue. Cela fait maintenant plus de deux ans que les représentants du secteur agroalimentaire tentent de discuter du sujet important de l’alimentation et de la santé avec la ministre sans aucun retour de sa part.

« On ne rattrape pas deux ans de silence et de manque de considération avec une réunion improvisée de trois heures. La concertation nécessite de la préparation. Prenons le sujet avec plus d’ambition. Nous avons toujours été favorables à l’idée de poursuivre le travail d’amélioration de l’information des consommateurs et avons affirmé publiquement notre opposition aux dispositifs reposant uniquement sur un code couleurs.» explique Jean-Philippe GIRARD.

Dans le débat actuel sur l’étiquetage nutritionnel, l’ANIA tient à réaffirmer son attachement au respect des notions de base à prendre nécessairement en compte pour donner une information juste et pertinente aux consommateurs dans le cadre d’une alimentation diversifiée et équilibrée. Ainsi, les entreprises agroalimentaires appliquent la nouvelle réglementation européenne dite « INCO » entrée en vigueur en décembre 2014 et poursuivent leurs efforts visant à apporter une information fiable toujours plus claire aux consommateurs.

Dans le même temps, l’ANIA maintient son opposition à tout dispositif d’étiquetage nutritionnel simpliste reposant uniquement sur un code de couleurs et une approche médicalisée de notre alimentation. L’équilibre alimentaire d’un individu ne peut pas se réduire à une pastille de couleur sur un produit. Ces systèmes de notation nutritionnelle ignorent les déterminants fondamentaux d’une alimentation équilibrée que sont la prise en compte de la taille de la portion consommée, le moment de consommation, la fréquence et surtout les associations d’aliments au cours d’un repas.

« L’ANIA reste favorable à l’idée de poursuivre le travail d’amélioration de l’information du consommateur. Il est nécessaire d’explorer, d’expérimenter et d’évaluer tous les systèmes qui prennent en compte les questions que les consommateurs se posent réellement au moment de s’alimenter. En aucun cas, ils ne demandent à ce qu’on leur impose ce qu’ils doivent manger ou non. Nous devons rester humbles et à l’écoute des consommateurs. C'est par la proximité et la pédagogie que nous y arriverons. Ce n'est pas avec l'étiquetage que nous réglerons les problèmes d'inégalités sociales de santé et d'obésité. » insiste Jean-Philippe GIRARD