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Le point sur l’expérimentation visant à améliorer l’étiquetage nutritionnel des produits alimentaires

Suite à l’article du Monde publié en date du 08 juillet 2016 intitulé « intoxication agroalimentaire au ministère de la santé », l’ANIA tient à apporter son éclairage et rétablir certains faits concernant l’amélioration de l’information nutritionnelle sur les produits alimentaires. Par nature, ce sujet est au cœur des préoccupations et de nos échanges avec l’ensemble des acteurs concernés et intéressés, dont les pouvoirs publics, les consommateurs et les médias. A cet égard, l’ANIA a répondu favorablement à toutes les demandes d’auditions, de réunions et d’interviews sur ce sujet. L’ANIA n’a pas été contactée par la rédaction du Monde dans le cadre de cet article et reste évidemment à la disposition de tous les médias pour apporter sa contribution au débat. A la lecture de l’article, l’ANIA s’étonne de la présentation d’informations totalement fausses, de la mise en lumière de faits et l’omission d’autres.

Tout d’abord, l’article du Monde commence par une information fausse sur un ton péremptoire « un étiquetage clair sur ses produits ? L’industrie alimentaire n’en veut surtout pas. » Or, comme l’a indiqué l’ANIA a plusieurs reprises, il est nécessaire d’améliorer l’information du consommateur et d’identifier les meilleurs leviers pour accompagner ses choix. Lors de l’annonce par la ministre de la santé et des affaires sociales en mai 2015 de la mise en place d’une expérimentation visant à tester auprès des consommateurs en conditions réelles d’achat les différents dispositifs d’étiquetage nutritionnel simplifié, l’ANIA avait réaffirmé son soutien à l’amélioration de l’information nutritionnelle du consommateur. Ainsi, en complément des dispositifs réglementaires (ex. : liste des ingrédients ou tableau des valeurs nutritionnelles), tous les acteurs, industrie alimentaire incluse, s’accordent sur le besoin de clarifier l’information nutritionnelle pour le consommateur par l’ajout d’un dispositif complémentaire simplifié.

 

Dans ce cadre, l’ANIA a effectivement une préférence publique et connue de tous pour les dispositifs qui ne reposent pas sur une vision simpliste de l’alimentation la réduisant à une représentation par feux de couleurs. Ce type de dispositifs mathématiques ne prennent pas en compte les déterminants fondamentaux d’une alimentation équilibrée,  comme la fréquence de consommation, la taille des portions ou l’association des aliments. L’ANIA tient à réaffirmer l’attachement des entreprises agroalimentaires de France à apporter une information juste et pertinente aux consommateurs. C’est donc dans ce cadre qu’une stigmatisation de certains produits nous semble préjudiciable et non justifié. Le débat visant à confronter les avis de chacun reste évidemment ouvert et intéressant. C’est la raison pour laquelle l’ANIA y contribue.

 

L’article rappelle ensuite, à juste titre, que l’étiquetage nutritionnel complémentaire sera facultatif, conformément à la réglementation européenne en vigueur. Cela n’empêche évidemment pas le débat qui est utile à tous. Cela n’a pas empêché non plus l’ANIA et les entreprises agroalimentaires de participer à la concertation mise en place par le ministère de la santé. Cet engagement de l’industrie alimentaire de collaborer aux côtés des pouvoirs publics, des associations de consommateurs et des scientifiques sur un dispositif non obligatoire illustre notre volonté d’améliorer l’information des consommateurs.

 

L’article accuse ensuite l’ANIA de « jouer la montre » en soutenant la mise en place d’une expérimentation en conditions réelles d’achat. Nous pourrions nous interroger sur l’intérêt de gagner du temps sur la mise en place d’un dispositif facultatif. Il est plus important de s’intéresser sur la pertinence d’une telle évaluation. Aujourd’hui, il est devenu impératif d'associer davantage les consommateurs aux décisions qui concernent leur alimentation. Ainsi, concernant l’information nutritionnelle qu’ils pourraient recevoir, recueillir l’avis des principaux concernés s’inscrit dans une démarche pragmatique. Cette évaluation permettra d’identifier et d’évaluer les biais de chaque système d’étiquetage simplifié car tous les acteurs s’accordent à dire qu’aucun système n’est parfait. Dans ce cadre, l’ANIA a soutenu une évaluation de tous les systèmes, y compris ceux qui n’ont pas notre faveur car le débat doit rester ouvert.

 

Dans une illustration associée à l’article, il est également indiqué que l’ANIA a conçu le système intitulé « nutri-repère ». Or cette information est fausse. L’ANIA n’a pas créé de système graphique et soutient l’ensemble de l’expérimentation en considérant que les systèmes « SENS » et « nutri-repères » semblent répondre davantage à une information cohérente et pertinente pour les consommateurs.

 

Enfin, concernant la mise en place de l’expérimentation par le ministère de la santé et d’un comité de pilotage associé, l’ANIA y participe aux côtés des administrations concernées (DGAL et DGCCRF), des organismes de recherche, des associations de consommateurs (CLCV, UFC Que Choisir) et de la FCD (Fédération des entreprises du Commerce et de la distribution). Chaque acteur apporte ainsi son éclairage, sa connaissance des consommateurs et des contraintes techniques associées à la mise en place d’un tel dispositif. Une information complète sur la composition de ce comité de pilotage nous semblait importante à apporter.

 

L’ANIA a toujours souhaité ouvrir et participer à un véritable débat sur ce sujet important pour les entreprises agroalimentaires et les consommateurs. Lors des débats, depuis juin 2014, l’attitude de l’ANIA a été claire et transparente. L’ANIA a régulièrement communiqué auprès des médias ses arguments et n’a refusé aucune demande d’interview sur le sujet. La position officielle de l’ANIA a été transmise à l’ensemble des groupes parlementaires sans distinction au moment des débats (Position sur le site de l’ANIA). Enfin, l’ANIA s’est tenue à la disposition des parlementaires pour toute sollicitation dans le cadre d’audition ou de compléments d’information

 

En savoir plus sur l’évaluation (site du ministère de la santé et des affaires sociales) : http://social-sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sa-sante/article/l-evaluation-en-conditions-reelles-d-achat-des-systemes-d-information-317290