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NOTE - Date de consommation des produits alimentaires

Les informations concernant les dates de consommation visent à informer le consommateur de la qualité du produit et de le prévenir face à d’éventuels risques sanitaires. Dans le secteur de l’alimentation, la sécurité des denrées alimentaires prime sur tous les autres aspects. La fixation des dates par les producteurs industriels repose sur une analyse des risques et est soumis à un contrôle des autorités publiques. Camille HELMER, Responsable des Affaires réglementaires de l’ANIA, répond à quelques questions.

1.     Quelle est la différence entre DLUO et DLC ?

D’abord, la date limite de consommation, appelée aussi DLC. On la trouve sur les aliments très périssables, c'est-à-dire les aliments qui après une courte période sont susceptibles de présenter un danger immédiat pour la santé humaine. On la reconnait grâce à la mention « à consommer jusqu’à telle date ». Après cette date, il existe un risque de consommer cet aliment. Cette information vise à informer le consommateur et de le prévenir face à d’éventuels risques sanitaires. Pour les autres types d’aliments, on trouve une date de durabilité minimale, longtemps appelée DLUO date limite d’utilisation optimale. Ces mentions n’étant pas toujours bien comprises, cette date se présente via la mention « à consommer de préférence avant ». Il s’agit d’une recommandation : après cette date, l’aliment ne présente pas de risque avéré à le consommer. Au-delà de cette date, l’aliment peut avoir perdu une partie de ses propriétés organoleptiques et/ou nutritionnelles : le café peut perdre de son arôme, un biscuit peut être moins croustillant, un jus de fruit peut contenir moins de vitamines, etc.

 

2.     Pourquoi les industriels apposent-ils ces dates ?

D’abord, il faut rappeler que la réglementation impose l’apposition d’une DLC ou d’une DDM. Il s’agit donc de répondre à une obligation réglementaire. Mais pas uniquement. Il existe également une raison sanitaire. Car lorsque l’industriel appose une DLC sur un aliment « microbiologiquement très périssable », il s’agit de prévenir le consommateur qu’au-delà de cette date, l’aliment peut présenter un danger. Concernant la date de durabilité minimale, l’objectif est d’informer loyalement le consommateur : après cette date, le produit ne présente pas de risque avéré mais peut être différent du produit auquel le consommateur s’attend.

 

3.     Comment sont définies ces dates ?

Soumis aux contrôles des autorités publiques, le fabricant détermine la durée de vie de ses produits en prenant en compte le principe de sécurité sanitaire tout au long de la chaîne. Pour cela, il doit intégrer plusieurs éléments à ses analyses et les justifier : la composition même du produit, ses caractéristiques ainsi que les étapes de fabrication comme la cuisson, la congélation, etc. Il faut également tenir compte  des conditions raisonnablement prévisibles de conservation tout au long de la vie du produit, depuis sa fabrication jusqu’à sa consommation, notamment pendant les étapes de stockage et de transport jusque chez le consommateur. Une marge de sécurité peut être prise pour tenir compte des aléas prévisibles pendant la vie de l’aliment, comme une rupture de la chaîne du froid. Certains produits frais sont par nature plus fragiles et plus sensibles aux contaminations. Les fabricants sont donc extrêmement vigilants pour garantir la fiabilité et la régularité de leurs produits à l’ensemble des consommateurs. Dans ce domaine, la sécurité prime.

 

4.     Ces dates ne sont-elles pas volontairement trop courtes ?

Les industriels ne fixent pas les durées de vie « à leur bon vouloir. » Leur décision est encadrée, doit être justifiée auprès des autorités et repose sur une analyse basée sur les caractéristiques du produit et les conditions raisonnablement prévisibles de conservation tout au long de la vie du produit. Par ailleurs, il est important de souligner que les industriels n’ont pas d’intérêt à raccourcir volontairement les DLC. Mettez-vous à la place du consommateur en rayon, vous allez certainement préférer un produit avec une durée de vie plus longue et ne pas choisir l’aliment qui se périme trop rapidement. Une durée de vie plus courte n’incite donc pas le consommateur à acheter le produit. Au contraire, le produit pourrait même être moins attractif pour le consommateur qui le remettra en rayon et sera renvoyé à l’industriel. Raccourcir volontairement les DLC n’aurait donc pas de sens économique.

 

5.     Afin d’éviter la confusion du consommateur entre les notions de date limite de consommation / date de durabilité minimale, pourquoi ne supprime-t-on pas la date de durabilité minimale ?

La date de durabilité minimale est une mention obligatoire imposée par la réglementation. La suppression de la date de durabilité minimale n’est pas une solution adaptée et pourrait être contre-productive. Sans indication, le consommateur est susceptible de ne pas consommer un produit retrouvé dans son placard, en raison d’un doute sur celui-ci et le jeter à tort, ayant un effet contraire à un celui recherché. Cette date donne une indication au consommateur sur le fait que jusqu’à cette date, le produit conserve ses qualités organoleptiques et nutritionnelles.

 

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