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Note de conjoncture ANIA n°71 - Janvier 2016

Retrouvez toute l'actualité économique du secteur agroalimentaire, grâce à la note de conjoncture mensuelle de l'ANIA.

En synthèse, l’année 2015 a marqué la résilience de l’industrie agroalimentaire. Sur fond de crise agricole, de guerre des prix dans la grande distribution et de contexte géopolitique agité, la production s’est redressée pour la 1ère fois en quatre ans tandis que les performances à l’export se sont globalement maintenues. Enfin, dans un contexte de marché de l’emploi dégradé, le secteur agroalimentaire a continué à créer des emplois pour compter près d’un emploi industriel sur six.

Pour 2016, deux enjeux seront essentiels à la capacité de modernisation du secteur :

1) Sortir de la guerre des prix que se livrent 4 centrales d’achat représentant 92% des achats alimentaires en grandes surfaces. Cette situation grève les marges et pénalise fortement la capacité d’investissement de l’IAA qui évolue à rebours du reste de l’industrie. En 2015, le taux de marge de l’IAA s’est établi à son niveau le plus faible depuis 1974 tandis que l’investissement a chuté (-7% contre -2% dans l’industrie). Depuis le début de la LME, le taux de marge a perdu 6 points et l’investissement a chuté de près de 20% (source Insee). De plus, la guerre des prix ne stimule ni le pouvoir d’achat, ni la consommation des ménages. Si les prix ont baissé, cette tendance n’a pas permis de faire décoller les achats. A l’exception de 2009 et 2014 (forte chute du pétrole), les prix affectent le pouvoir d’achat de manière tendancielle. Dans ce contexte, les baisses de prix sont difficilement perceptibles pour le consommateur. Pour preuve, depuis 4 ans, la croissance des produits de grande consommation se contente de suivre faiblement l’évolution démographique. Comme corollaire, la consommation alimentaire augmente nettement moins vite que celle des biens durables (1,1% contre 4,5% sur un an en janvier 2016).

2) Maintenir et intensifier l’effort d’innovation entrepris depuis plusieurs années. En dépit d’un émiettement relatif (76% de TPE et 22% de PME) et une croissance peu rentable, le secteur agroalimentaire innove régulièrement. Il compte plus de sociétés innovantes (61% des entreprises contre 53% dans les autres secteurs), pour un effort d’innovation plus important (20% de l’excédent brut contre 16% dans l’industrie). L’innovation est un levier de croissance fondamental pour le secteur : il permet notamment d’adapter nos produits aux attentes des consommateurs et d’améliorer les performances à l’export de nos entreprises.