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[NOTE DE CONJONCTURE] L’agroalimentaire français - négociations commerciales 2021, retour de la déflation, crise de la COVID 19 : une pérennité menacée ?

Depuis le début de cette crise sans précédent, le secteur agroalimentaire a résisté et a répondu aux attentes des consommateurs. Pour satisfaire la demande, les entreprises ont très rapidement adapté leur activité.

C’est toute la chaîne alimentaire qui a été au rendez-vous et qui a été considérée comme « valeur refuge » de l’activité économique en France en 2020.

Mais la crise a aussi exacerbé les tensions préexistantes à la COVID 19, liées à la destruction de valeur économique que subit la filière depuis le début de la guerre des prix, en 2013.

La crise a enfin contribué à limiter considérablement les débouchés habituels de certaines entreprises (RHD, Export), indispensables à leur équilibre économique et financier.

Le retour généralisé de la déflation en rayons plonge les industriels dans une équation particulièrement complexe : contribuer à la souveraineté alimentaire à long terme, par un effort d’investissement, d’innovation, dans un contexte où la baisse de la rentabilité n’a jamais été aussi forte qu’en 2020.

Or, il ne peut pas y avoir de souveraineté alimentaire sans arrêt immédiat et durable de la guerre des prix. La notion d’inflation alimentaire ne doit plus être taboue !

L’alignement d’une inflation alimentaire (-0,1 % en 2020) à un niveau conforme à celui constaté pour l’ensemble des secteurs d’activité (+0,6%) se traduirait par une contribution de seulement 1,5€ par ménage et par mois. La bataille du pouvoir d’achat ne se joue pas dans le caddie du supermarché. Le retour à l’inflation alimentaire, sans nullement affecter le pouvoir d’achat des ménages, permettrait de sauver toute une filière alimentaire, déjà largement ébranlée, des conséquences néfastes de la guerre des prix.