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Toujours mise à l’épreuve par la guerre des prix, l’industrie alimentaire française va se redresser pour préparer l’avenir

Ce matin, l’ANIA organisait sa Conférence de presse économique annuelle.  

Victime de 6 années consécutives de baisses des prix, avatar de la guerre des parts de marché que continue de se livrer la grande distribution, le secteur en porte les stigmates. La loi Egalim est une occasion unique d’inverser enfin le rapport de forces et de construire ensemble l’alimentation de demain ! Malheureusement, lors des dernières négociations commerciales, les mauvaises pratiques ont persisté et la déception est à la hauteur des espoirs. Dans ce contexte tendu, l’ANIA reste mobilisée et agit pour redonner à l’industrie sa place de leader avec 5 engagements forts et concrets.

En 2018, le secteur alimentaire est toujours une locomotive industrielle en France qui fait vivre nos territoires. Mais le secteur reste fragilisé : c’est la seule industrie qui a dû faire face à 6 années consécutives de baisses de prix, conséquence directe de la bataille des parts de marché entre les enseignes de la grande distribution : depuis 2013, les prix des produits de grande consommation ont baissé de 6,1 %. Ceci représente 5,5 milliards d’euros détruits sur l’ensemble de la filière.

La loi Egalim doit permettre de mettre un terme à ces pratiques, mais contre l’esprit des Etats généraux de l’alimentation, les dernières négociations commerciales ont pourtant vu persister les mauvaises pratiques : une déception à la hauteur des espoirs !

Cette année encore, les négociations commerciales continuent d’être centrées uniquement sur le prix : près de 49 % des entreprises ont ainsi signé en déflation. Pour l’ensemble des entreprises la déflation se chiffre à -0,5 % en 2019. La loi doit être appliquée pour mettre de l’ordre dans les relations commerciales, tout au long de la chaîne. Il faut renforcer les contrôles et sanctionner de manière dissuasive.

Dans ce contexte, l’ANIA reste mobilisée pour redonner aux entreprises de l’industrie alimentaire leur place de leader. Richard Girardot, Président de l’ANIA, a présenté les 5 engagements de l’ANIA :

  • Anticiper les attentes des consommateurs en termes d’alimentation saine, sûre et durable,
  • Restaurer les marges des entreprises,
  • Favoriser la capacité de recrutement des entreprises et l’attractivité de nos métiers,
  • Accélérer la recherche & développement dans des domaines porteurs et attendus des consommateurs,
  • Accompagner les entreprises dans leur développement à l’international et la promotion de l’image France.

« Nous devons réagir pour sauver le modèle alimentaire français ! Avec la loi Egalim, nous avons enfin les moyens d’arrêter la guerre des prix, de recréer de la valeur et de la répartir jusqu’à l’amont agricole. Où sont passés les 600 millions d’euros gagnés par les distributeurs suite au relèvement du SRP ? Aujourd’hui ni les entreprises de l’alimentation, ni les agriculteurs, n’en ont vu l’ombre d’un centime ! Nous avons tous attendu cette loi pendant des années, il est temps maintenant de l’appliquer. Nous n’aurons pas deux fois cette occasion ! » conclut, Richard Girardot, Président de l’ANIA.

Focus sur les données 2018 :

Le secteur alimentaire un fleuron industriel français mis à l’épreuve :

  • Un chiffre d’affaires consolidé de 176 Md€.
  • 17 723 entreprises.
  • 427 594 employés.
  • Une production qui chute (-1,4% après +0,5% en 2017).
  • 21 000 emplois non pourvus.
  • 7,2 Md€ d’excédent commercial, mais un rayonnement à l’international qui reste à conforter : seules 2 entreprises sur 10 exportent.

Un violent décrochage de compétitivité pour le secteur, unique dans toute l’Europe.

  • Des marges qui se sont dramatiquement effondrées : - 8 points en 2 ans
  • Conséquence : une valeur ajoutée de l’industrie alimentaire française en baisse de 14,5% sur les 10 dernières années.
  • En comparaison, tous les autres pays affichent un résultat positif : +13,7% en moyenne dans la zone Euro, +22% pour l’Espagne, +20,6% pour l’Italie.